Salomé Serieys
08 juin 2026
Face à la multiplication des solutions de pilotage et à l’intégration croissante de l’IA, choisir son architecture décisionnelle devient un défi stratégique majeur. Ce guide pragmatique vous aide à évaluer vos besoins réels pour transformer vos données en un actif rentable, fiable et actionnable.
Cet article est extrait de la conférence « Data et Pilotage : choisir (et combiner) les bonnes solutions » présentée lors de Cultive ta data [et ton IA] 2026 et réalisée par Salomé Serieys, Manager Data chez Datasulting et Antony Abi Younes, Responsable Produit chez MyReport.
Sommaire de l’article
Trop souvent, les entreprises abordent un projet décisionnel en se focalisant uniquement sur les fonctionnalités techniques des logiciels. Or, la performance brute d’un outil de Business Intelligence moderne n’est plus un sujet de débat : la quasi-totalité des solutions du marché savent traiter et afficher des volumes de données importants. Le véritable enjeu réside dans l’adéquation de la solution avec la réalité humaine, organisationnelle et technique de votre structure.
Avant de trancher, un exercice d’introspection rigoureux est indispensable, articulé autour de trois axes fondamentaux :
Pour guider votre choix, comparons deux philosophies radicalement différentes et particulièrement représentatives du marché : Power BI, la plateforme globale de Microsoft, et MyReport, la solution française agile ancrée dans le quotidien opérationnel des PME et ETI.
« Changer de paradigme et sortir de la cellule Excel »
« Booster votre Excel sans rupture technologique »
Tout projet décisionnel performant repose sur une chaîne de valeur immuable en trois étapes. La manière dont chaque outil traite ces piliers conditionne le succès de votre déploiement.
C’est l’étape essentielle de la connexion, du nettoyage et de la structuration (ETL). Power BI s’appuie sur Power Query : un environnement no-code extrêmement sophistiqué mais qui bascule rapidement sur le langage M dès lors que les transformations deviennent complexes. À l’inverse, MyReport privilégie une interface visuelle simple construite sur du SQL standard. Sa force est de concevoir un entrepôt de données (Data Warehouse) structurant, pensé dès le départ comme un actif immatériel et pérenne pour l’entreprise.
L’objectif ultime d’un rapport n’est pas seulement d’être esthétique, mais de réduire le temps nécessaire à la prise de décision : rassurer ou alerter immédiatement le manager. L’histoire récente montre une évolution nette des usages : nous sommes passés du reporting statique des années 2010 aux dashboards interactifs des années 2020. Aujourd’hui, la tendance s’oriente vers le Talk-to-data (l’interaction en langage naturel).
Sur ce pilier, Power BI excelle dans la création d’indicateurs complexes grâce au langage DAX et propose une intégration dynamique remarquable dans PowerPoint. MyReport adopte une approche de « Dataviz accessible », permettant de construire des rapports directement dans Excel ou sur le web avec des fonctionnalités natives puissantes comme le drill-down automatique (navigation du général au détail).
Les deux solutions partagent des modes de diffusion éprouvés : l’envoi automatisé de rapports institutionnels (PDF, Excel, Outlook), la mise à disposition de portails web dynamiques sécurisés, et la gestion d’abonnements personnalisés. MyReport se distingue néanmoins par sa capacité à permettre à un utilisateur de basculer instantanément d’un dashboard web vers Excel pour mener une analyse approfondie et sur-mesure.
L’avis de l’expert – Salomé Seyries (Datasulting) :
« La version 9 de MyReport introduit une vraie valeur d’usage avec sa traçabilité de bout en bout. Pouvoir cliquer sur un indicateur suspect, remonter toute son histoire, comprendre les éventuels changements de version et intégrer des liens URL de correction pour modifier l’erreur directement à la source (dans l’ERP) évite la création d’usines à gaz. Côté Power BI, le drill-through offre également une excellente navigation du bilan vers le détail, mais demande un paramétrage technique en amont. »
L’un des principaux enseignements des retours d’expérience terrain est qu’il n’est pas toujours nécessaire de choisir un outil exclusif. La cohabitation des technologies s’avère souvent être la réponse la plus rentable aux besoins complexes d’une entreprise multisociété ou multisource.
Exemple de synergie gagnante : Utiliser la puissance de l’ETL et de la structuration de données de MyReport Data pour assainir, croiser et unifier vos bases de données, puis connecter Power BI sur cet entrepôt de données propre pour exploiter sa puissance de visualisation et ses capacités de diffusion de pointe. Les architectures 100 % Power BI (autour de l’écosystème Fabric) ou 100 % MyReport restent bien entendu des standards d’une grande efficacité selon le contexte des ressources disponibles.
Le choix économique doit intégrer le coût d’acquisition initial mais aussi la scalabilité à long terme du pilotage de données.
Une question anime légitimement les directions générales : l’Intelligence Artificielle va-t-elle rendre obsolète la création humaine de tableaux de bord ? La réponse terrain est nuancée. L’IA s’impose comme un copilote d’accélération formidable, mais elle ne remplacera pas la conception stratégique des indicateurs.
Actuellement, les dashboards entièrement générés par IA souffrent d’un manque de pertinence opérationnelle et ne respectent pas les bonnes pratiques de visualisation de l’information. De plus, une dépendance totale à l’IA générative soulève une problématique de coûts récurrents (consommation de tokens à chaque requête utilisateur) là où un tableau de bord bien conçu offre un coût de consultation fixe et nul.
La visualisation humaine conserve une dimension essentielle : elle procure une compréhension viscérale de l’information que les mots ou les listes textuelles de l’IA ne peuvent pas transmettre. En matière de détection de fraude par exemple, si l’IA ou le Data Scientist identifie mathématiquement les anomalies, c’est bien la clarté visuelle du tableau de bord qui permet aux managers de prendre des mesures immédiates et ciblées sur le terrain.
En définitive, l’outil absolu n’existe pas. Le meilleur choix est celui qui s’aligne avec vos cas d’usage concrets et votre structure humaine. Pour garantir la pérennité de votre investissement à un horizon de 10 ans, l’accent doit être mis sur la qualité de votre entrepôt de données. C’est cet entrepôt qui constitue le véritable actif stratégique de votre entreprise, vous laissant libre d’y connecter l’outil de restitution le plus adapté à l’évolution de vos besoins métiers.
Voici quelques questions/réponses pour vous guider dans vos démarches en matière de reporting, data visualisation (dataviz) et Business Intelligence.
Il convient de partir systématiquement de vos cas d’usage concrets et des décisions métiers à prendre, plutôt que de vous laisser séduire par les fonctionnalités d’un logiciel. Définissez d’abord les questions clés auxquelles vos managers doivent répondre au quotidien.
Power BI impose un changement de paradigme complet en dehors d’Excel avec une forte orientation vers l’ultra-personnalisation graphique et le Big Data. MyReport propose un accompagnement progressif sans rupture, valorisant l’environnement Excel des utilisateurs tout en y apportant la sécurité, la centralisation et la puissance d’un outil décisionnel.
Opter pour une solution souveraine comme MyReport garantit que vos données financières, commerciales et stratégiques restent hébergées et protégées sous le cadre réglementaire européen, vous prémunissant contre les lois extraterritoriales.
Oui, à la seule condition d’avoir construit un entrepôt de données indépendant et structuré en amont. Si votre logique métier est stockée dans l’entrepôt de données et non codée en dur dans l’outil de restitution, vous pourrez remplacer ou ajouter un outil visuel (comme passer de MyReport à Power BI, ou inversement) sans reconstruire l’intégralité de votre projet.
Salomé Serieys
Antony Abi Younes